La Commission européenne veut donner plus de temps au secteur automobile pour atteindre les objectifs en matière de CO2

La Commission européenne souhaite donner plus de temps aux constructeurs automobiles pour respecter les normes européennes en matière d’émissions de CO2. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, l’a annoncé lundi à l’issue de la deuxième réunion du dialogue stratégique sur le secteur automobile, que la Commission a lancé à la fin du mois de janvier.
Selon Mme von der Leyen, il existe une demande claire de la part de l’industrie pour plus de flexibilité en ce qui concerne les objectifs en matière d’émissions de CO2. « Le principe clé ici est l’équilibre. D’une part, nous avons besoin de prévisibilité et d’équité pour ceux qui ont déjà fait leurs devoirs. Nous devons donc nous en tenir aux objectifs. D’autre part, nous devons écouter les parties prenantes qui demandent plus de pragmatisme en ces temps difficiles et une neutralité technologique », a déclaré Mme von der Leyen. « Surtout lorsqu’il s’agit des objectifs de 2025 et des sanctions correspondantes s’ils ne sont pas atteints.
L’Allemagne proposera donc ce mois-ci un ajustement ciblé de la réglementation relative aux normes de CO2. « Au lieu de devoir respecter les normes chaque année, les entreprises auront trois ans pour le faire », a-t-elle déclaré. « Cela signifie une plus grande marge de manœuvre pour l’industrie et une plus grande clarté, sans pour autant modifier les objectifs convenus.
Mme Von der Leyen espère que le Parlement européen et les États membres approuveront rapidement l’amendement.
Contre les amendes
Fin janvier, au début du dialogue stratégique sur l’avenir de l’industrie automobile européenne, le vice-président de la Commission, Stéphane Séjourné, avait déjà indiqué qu’il ne souhaitait pas que les constructeurs automobiles se voient infliger des amendes s’ils n’atteignaient pas leurs objectifs en matière d’émissions de CO2 (une moyenne de 93,6 grammes de CO2 par kilomètre pour l’ensemble du parc automobile) cette année. Auparavant, des États membres tels que la France et l’Italie avaient exprimé leur soutien à l’industrie en s’opposant à toute amende.
Mme Von der Leyen a également déclaré lundi que le développement de la technologie pour la conduite autonome devrait être encouragé. C’est pourquoi une alliance va être mise en place, au sein de laquelle les entreprises pourront mettre en commun leurs ressources pour développer ensemble des logiciels, des puces et des technologies. Elle promet également de simplifier les règles d’essai et d’application et de mettre en place des projets pilotes à grande échelle pour la conduite autonome.
Réduire les formalités administratives
Enfin, les chaînes d’approvisionnement de l’industrie automobile européenne doivent devenir plus robustes et plus résistantes, notamment en ce qui concerne les batteries. En conséquence, la Commission va étudier la possibilité de soutenir directement les producteurs de batteries dans l’UE et introduira progressivement des normes européennes pour les cellules et les composants des batteries. « Et bien sûr, nous continuerons à réduire les formalités administratives », a déclaré Mme von der Leyen.
Le dialogue stratégique avec les représentants du secteur automobile, les syndicats et les organisations environnementales s’inscrit dans un contexte de concurrence chinoise acharnée dont souffre le secteur européen. Ce faisant, l’Union européenne doit tenter de concilier les demandes de soutien de l’industrie avec les objectifs climatiques adoptés par les États membres et le Parlement européen ces dernières années. Un plan d’action pour le secteur sera présenté mercredi, suivi d’une consultation des chefs d’entreprise avant l’été.
Un cadeau invisible
L’ONG Transport & Environment a qualifié la proposition de Mme von der Leyen de « cadeau invisible » pour l’industrie européenne. « L’assouplissement des règles sur les voitures propres récompense les retardataires et n’apporte pas grand-chose à l’industrie automobile européenne, si ce n’est qu’elle se laisse encore plus distancer par la Chine en termes de voitures électriques », a déclaré le directeur William Todts, qui a pris part au dialogue. (Belga)
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